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Les seigneurs de Cornillon au 14ème siècle

(Jean-Pierre SALTARELLI - Vacqueyras)

Ils sont issus d’une famille originaire du Limousin, propriétaire du château de MAUMONT. Grâce à la carrière ecclésiastique d’un des leurs, Pierre ROGER, Archevêque de Rouen, Chancelier du Roi Philippe IV de VALOIS puis Cardinal et Pape, les ROGER purent acquérir le fief de Rosiers d’Egletons dépendant de la vicomté de VENTADOUR et en prirent les armoiries d’argent à une bande d’azur accolée de 6 roses de gueules en ourlé. Elles ornent aujourd’hui l’entrée du Palais des Papes d’Avignon et furent celles de Cornillon.

Le premier seigneur

Guillaume II ROGER de BEAUFORT, frère du Pape Clément VI

En 1342, l’élection du Cardinal Pierre ROGER comme Pape à Avignon sous le nom de Clément VI accélèrera l’enrichissement de sa famille. Son frère, Guillaume II reçut du Roi de France le comté de BEAUFORT en vallée, près de Tours et en prit le nom. Entre 1342 et 1352, Guillaume II avec l’aide de Clément VI achètera les seigneuries de Cornillon, Vénéjean et de Portes à BERTRAND et la Baronne d’Anduze. A la mort de son autre frère le Cardinal Hugues ROGER en automne 1362, il héritera de la baronnie de Bagnols sur Cèze et du comté d’Alès. Marié trois fois, Guillaume ROGER de BEAUFORT aura 14 enfants légitimes et au moins 2 « bâtards ». Pour le seigneur de Cornillon, l’année 1350 fut celle de l’apogée. Il reçut de la Reine Jeanne de NAPLES, Comtesse de Provence, la vicomté de VALERNES située dans les Alpes de Haute Provence ; son fils Guillaume III fut armé Chevalier le 26 septembre par JEAN II, lors de son couronnement à Reims. A la fin de l’année, grâce à son Pape de frère, il se mariera à Aliénor de COMMINGES. Dans la corbeille de mariage du jeune couple, le Pape CLEMENT VI offrira le comté de TURENNE, une des plus prestigieuses du Limousin. Deux ans auparavant, CLEMENT VI avait nommé Cardinal, à 18 ans, son autre neveu Pierre ROGER de BEAUFORT, le futur Pape GREGOIRE XI.

Le second seigneur

Raymond de BEAUFORT, demi-frère du Pape GREGOIRE XI

Le 23 août 1379 en son château de Cornillon, Guillaume II ROGER de BEAUFORT rédigera l’acte d’émancipation de son dernier fils Raymond de BEAUFORT, enfant qu’il avait eu de sa 3ème épouse, Catherine de la GARDE ADHEMAR. Par le même acte, il lui donnait la moitié de la vicomté de VALERNES, la seigneurie de Saint-Rémy en Provence, le Château de Saint-Exupéry les Roches, situé dans le diocèse de Limoges, les châteaux de Marguerittes et de Cornillon situé dans le diocèse d’Uzès. Il y ajoutait les mas de Saint-Mabille et de Vérune, propriétés viticoles sises à Cornillon, ainsi qu’une exploitation agricole à Villeneuve les Avignon. Le 4 mars 1380, après la mort du vieux comte de BEAUFORT à Cornillon, son fils Guillaume III, tuteur de son demi-frère, dressa l’inventaire de ce contenait le château afin de le transmettre, au nom de leur père à Raymond de BEAUFORT avec droits de haute et basse justices. Le document de 8 pages et demi a été recopié en 1778 par l’abbé PAPON et publié ensuite dans son « Histoire générale de la Provence ».

Le trésor de Cornillon

L’inventaire cité ci-dessus nous apprend que la chapelle de Cornillon dédiée à Saint-Martial de Limoges, représentait une véritable salle au trésor dans laquelle avait été accumulé un nombre invraisemblable de richesses. On y trouvait en particulier une partie de la vaisselle de CLEMENT VI avec 66 pièces en argent doré (pots, plats, tasses, coupes, gobelets, drageoirs, aiguiers et vases) et 241 pièces en argent blanc dont 36 cuillères (exceptionnel pour l’époque). S’y ajoutaient encore des crucifix ornés de perles et pierres précieuses, des croix pectorales en or et en argent, des dizaines d’anneaux épiscopaux et pontificaux, deux reliquaires en argent doré dont l’un contient un morceau de la croix de Saint-André et l’autre des ossements de Saint-Thomas. Puis viennent des patènes et des arbores en or, des burettes en argent, des bagues et anneaux ornés de rubis, de saphir et de pierres précieuses, des poignées de gemmes et de perles, des vêtements sacerdotaux, des vases sacrés, une horloge ornée de « Pour pulser les heures » et enfin une somme équivalent en argent à 139 970 livres….

La Jacquerie des TUCHINS Au début de 1382, les TUCHINS, paysans pauvres et armés venus de la haute Auvergne, descendirent des Cévennes vers la vallée du Rhône afin de se ravitailler en nourriture. Ils placèrent alors à leur tête, des chefs locaux tels Régis de Saint-Michel d’Euzet, Ferraget du Pin, Vachon de Pont Saint-Esprit et Verchère de Vénéjean. Le Duc de BERRY, Lieutenant Général du Languedoc, pensa au début les utiliser contre les seigneurs partisans des anglais. Les TUCHINS s’emparèrent donc de Cavillargues, Chusclan et Tresques, puis pillèrent les châteaux de Sabran, La Roque sur Cèze, Saint-Laurent des Arbres et (bévue) celui de Cornillon. Mirent-ils la main sur une partie ou la totalité du trésor ? C’est possible quand on voit comment Guillaume III ROGER de BEAUFORT, alors Lieutenant des armes du Sénéchal de Beaucaire, organisa la répression. Il réunit dans son château d’Ales, les états du Languedoc en septembre 1382 et obtint des subsides pour payer des soldats. Il fit également venir une compagnie d’arbelètiers d’Avignon et réunit ses troupes à Bagnols sur Cèze pour les diriger ensuite contre les TUCHINS. La première vague commandée par le Rouher Gandonnet sema la terreur en organisant une véritable boucherie (oreilles sectionnées, poignets coupés, pieds brûlés, etc.). Guillaume III fit alors intervenir son capitaine des gardes de Bagnols, Jean COQ, qui réussit à pacifier le pays en expulsant les chefs TUCHINS. La jacquerie prit fin quand Guillaume III fit signer la paix par l’assemblée des Communes en février 1383.

Le troisième seigneur

Louis de CANILHAC

Raymond de BEAUFORT, vicomte de VALERNES et seigneur de Cornillon décéda en 1420. Sans enfant, il lèguera une partie de son héritage aux fils de son demi-frère, Marquis de CANILHAC (à l’époque Marquis était un prénom) qui avait repris le nom et les armes de sa mère Carine de CANILHAC, seconde épouse de Guillaume III ROGER de BEAUFORT. C’est à son cadet Louis de CANILHAC que reviendra le fief de Cornillon. La pierre tombale de Raymond de BEAUFORT où l’on voit gravé son effigie en pied, se trouve en Avignon, au musée Calvet. Elle provient de l’église Saint-Martial d’Avignon où il avait été inhumé.


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